CINQUANTENAIRE DE L'ALGERIE ABANDONNEE

Nous y voici : chaque jour ou presque, la télévision nous déverse son flot de  de supposées émissions historiques signées Benjamin Stora et consorts. Toutes ont la même orientation, pro-FLN et pro-gaulliste. Toutes sont inspirées par une haine tenace à l'égard de l'ex-empire français, à l'égard des Algériens de souche européenne et des musulmans restés fidèles à leur pays la France et que le FLN a exterminés avec la complicité du pouvoir tyrannique de De Gaulle.

"Pieds-noirs" et Harkis sont les deux seules communauté dont il est admis qu'elles sont définitvement coupables d'avoir existé, les seules qui font exception au tabou antiraciste. L'on peut nous cracher dessus, nous couvrir d'insultes, profaner les tombes de nos défunts, nous accuser de tous les maux, c'est normal. Avec nous, la dénonciation des génocides, des persécutions et des spoliations trouve sa frontière. Si l'on pouvait, comme l'avait crié Deferre à l'Assemblée nationale, il faudrait nous pendre, à part bien sûr les Stora, les Mélenchon, les Bruel et autres Attali. Eux sont à part puisqu'ils participent à la curée. D'ailleurs pourquoi continuent-ils à faire mention de leur origine ? La honte devrait les en dissudader.

Sur ce blog, j'entends redoubler de zèle en ce temps bien pénible, pour défendre la mémoire de mon peuple. Je compte publier la totalité de l'ex "livre vert" sur les atrocités commises par le FLN, réédité par Dualpha qui m'en a donné l'autorisation. Je compte également mettre en ligne le maximum de textes favorables à la cause de l'Algérie française, notamment ceux écrits admirablement par Soustelle.

J'estime regrettable que l'action militaire de l'OAS, en définitive si modérée,  n'ait pas continué longtemps après l'indépendance. La justice n'étant plus assurée par un pouvoir de fait totalement illégitime, il eût été opportun de la mettre en oeuvre dans le cadre d'un combat clandestin et cela jusqu'à ce que de vraies mesures de réparation, tant matérielles que morales fussent prises.

Il ne reste que le combat des idées et des témoignages. Encore faut-il le mener. Ne laissons pas nos détracteurs insulter notre mémoire et ce que nous sommes. Nous avons mille arguments à leur opposer et plus encore à apprendre aux pauvres gens à qui l'on raconte sans cesse des mensonges à notre sujet et à celui de cette si grande, si belle chose que fut l'Algérie française.

mardi 13 mars 2012 23:13 , dans Défense de l'Algérie française


Massacre du 1er mars 1962

Souvenir de nos morts : 1er mars 1962

voir photo agrandie en rubrique Terrorisme FLN

Blog de mauvaisegraine : Mauvaise Graine, Massacre du 1er mars 1962

Le massacre de la famille Ortéga, à Mers El-Kébir

En cette année où l'on va bientôt célébrer comme une date glorieuse, la soi-disant indépendance de l'Algérie, au moyen de mensonges qui sont comme des crachats sur les tombes de nos morts, réouvrant cette fameuse page qu'on nous avait dit de tourner pour raviver notre peine avec une haine tenace, que ce modeste blog puisse contribuer à honorer la mémoire de nos compatriotes algériens victimes de la barbarie FLN et de l'ignominie gaulliste.

11 mars 1963 : exécution de Bastien-Thiry

Lire sa déclaration magistrale au procès inique du Petit-Clamart. http://mauvaisegraine.rmc.fr/r5626/Defense-de-l-Algerie-francaise/


« Aucune cause ne justifie la mort de l’innocent. Si je peux comprendre le combattant d’une libération, je n’ai que dégoût devant le tueur d’enfants » (Albert CAMUS

Le printemps était revenu, avec ses éveils de sève, les gouttelettes vertes et les blanches éclosions des fleurs au bout des branches. C’était le retour des papillons, des oiseaux, de la vie. Tout reverdissait comme par enchantement ; les mimosas, fleuris à profusion, ressemblaient à d’énormes bouquets dans lesquels les colibris chantaient de leur toute petite voix douce, pareille à la voix des hirondelles qui jaseraient en sourdine. Et la nature s’était tant hâtée d’enfanter tout cela, qu’en huit jours elle avait tout donné…

Pourquoi tant de hâte ?

Savait-elle alors que c’était là son dernier printemps ?…Voulait-elle offrir une ultime vision de Paradis à ceux pour qui le glas allait sonner ?  

Le 1er mars 1962, tombait un jeudi. Il faisait le temps même de la vie, le temps qu’on imagine pour le Paradis. Un air doux et léger, un ciel aux profondeurs bleues à qui le soleil réservait sa plus fastueuse débauche de lumière, une senteur subtile de jardin laissait supposer une journée radieuse…

Il était environ 11h, un groupe de Musulmans fit irruption dans la conciergerie du stade de La Marsa, à Mers El-Kébir, tout près de la base militaire. Dans une véritable crise de folie meurtrière collective, ces hommes s’emparèrent de la gardienne, une européenne de trente ans, Mme Josette Ortéga et, sans la moindre raison, à coups de hache, la massacrèrent. Couverte de plaies affreuses, dans un ultime effort, elle tenta de s’interposer entre les bourreaux déchaînés et son petit garçon, mais en vain. Les tortionnaires déments frappèrent encore sous les yeux horrifiés du petit André, quatre ans, puis quand il ne resta plus qu’une loque sanguinolente, ils se saisirent de l’enfant et lui broyèrent le crâne contre le mur.

Alors que, leur forfait accompli, ils s’apprêtaient à partir, ils aperçurent la fillette, Sylvette, cinq ans, qui venait du jardin, les bras chargés de fleurs. Aussitôt l’un des hommes se jeta sur elle, la roua de coups puis, la saisissant par les pieds, lui fracassa la tête contre la muraille.

Quand M. Jean Ortéga, employé à la direction des constructions navales, franchit la grille du stade, le silence qui régnait le fit frissonner. D’ordinaire, ses enfants accouraient, les bras tendus dans un geste d’amour. Une angoisse indéfinissable le submergea. Il approcha lentement, regarda autour de lui… puis, là, dans la cour, un petit corps désarticulé tenant encore dans ses mains crispées des géraniums, la tête réduite en bouillie, une large flaque de sang noirâtre tout autour.

L’univers qui tourne comme une toupie : rouge, noir, blanc ; parler… crier… non… rien : l’effondrement enfin, salutaire, libérateur, mort et vie à la fois : le hurlement. Il se précipita, se figea devant le corps de son enfant, les yeux fixes, la bouche ouverte, semblant avoir été atteint par une soudaine paralysie. Puis son regard se porta à l’entrée de la maison… une mare de sang, un corps gisant, disloqué, mutilé par d’horribles blessures et près de lui, une petite forme qui n’avait plus de visage humain. Ce fut l’écroulement, la folie, la fin du monde…

            … Ce sont là des mots qui pleurent et des larmes qui parlent …

 (extrait d'un texte de José Castano)

 

 

jeudi 01 mars 2012 15:05 , dans Terrorisme FLN


" C'est de la mauvaise graine"

Blog de mauvaisegraine :Mauvaise Graine, ' C'est de la mauvaise graine'

Cette mère en pleurs fuit son pays pour une France qui ne veut pas d'elle ni de son fils. Mon pays n'existe plus et mon peuple se meurt.

>> Pensez à consulter les derniers articles, ci-dessous :
Colonisation incertaine, décolonisation calamiteuse
La dernière communion par Jo Castano

C'est de la mauvaise graine, Louis Joxe parlant des "repliés" d'Algérie à un conseil des ministres de juin 62.
L'objet du débat était de savoir où l'on allait transférer ces indésirables.
De Gaulle pensait , lui, à la Guyane. Ceux à qui il devait deux fois l'accès au pouvoir ne valaient donc pas plus que des bagnards !
Il est vrai que le "guide du peuple français" (ainsi se présenta-t-il à la foule lors de son premier voyage en RFA) confessa à un patron de presse, en parlant du général Jouhaud : "Allons, ce n'est pas un Français !" Jouhaud, cet "ahuri" (toujours selon De Gaulle) qui avait participé, pour de bon,lui, aux combats de la Libération ; Jouhaud, nommé chef d'Etat-Major de l'Armée de l'Air par De Gaulle juste après le 13 mai, avant d'être rapidement écarté par une mise à la retraite anticipée.

Mais après tout, combien de nos aïeux s'étaient fait refoulés vers ce supposé nouvel Eldorado, dès sous Louis-Philippe, pour avoir trop manifesté leur idéal républicain ; ce qui n'empêcha pas Deferre de parler de nous en juin 62, comme d' une armée de fascistes. Et, à l'attention de ceux qui furent leurs libérateurs dix-huit ans plus tôt en août 1944, les dockers de Marseille de peindre en grandes lettres sur les digues du port : Pieds-noirs, on ne veut pas de vous. Retournez dans votre pays !

Pour ce million et demi d'Algériens français, qualifiés de "ferments de l'Algérie" par De Gaulle avant son brusque retournement, le problème précisément était et demeure de savoir quel était désormais leur pays.

Etait-ce encore la France où ils débarquaient ?

Ce blog veut contribuer à rétablir quelques vérités sur une communauté qui, non contente d'avoir dû subir l'exil, a dû et continue de souffrir humiliations et mensonges.

 

jeudi 04 janvier 2007 20:00 , dans L'exode


2012 : UNE BONNE ANNEE ?

Blog de mauvaisegraine :Mauvaise Graine, 2012 : UNE BONNE ANNEE ?

>> cliquer sur l'image pour agrandir

Tous mes meilleurs voeux aux lecteurs de ce blog.

Pour nous autres, "Pieds-Noirs", Français réfugiés d'Algérie, de souche européenne ou maghrebine, Chrétiens, Juifs, Musulmans, des voeux spéciaux 

  • de patience : Il va en falloir en cette année de commémoration de l'abandon de notre pays à la secte fanatique du FLN ; que de mensonges et de commentaires haineux allons-nous devoir entendre de ceux qui, non contents de nous avoir rejetés de notre terre, vont encore raviver notre peine en crachant sur notre mémoire.
  • d'espoir : par la grâce de Dieu, d'honnêtes hommes réagiront et finiront par faire triompher la vérité, qui seule rend libre.

                       

dimanche 15 janvier 2012 10:27 , dans les pieds-noirs


Colonisation incertaine, calamiteuse décolonisation

 L'histoire officielle, annexe de la pensée unique, a grossi les aspects négatifs de l'ère coloniale au point de ne retenir qu'eux pour la dépeindre.

Technologique, juridique, géographique, politique, religieuse même, toute nouveauté est une aubaine pour les affairistes. Parasites et charognards, les voici qui guettent. Partout et toujours, ils accourent pour détourner à leur profit ce qu'ils dénomment opportunités. Alors certes, en Algérie comme  en nos autres colonies, les populations indigènes furent exploitées par les grands argentiers, tout comme le furent les masses laborieuses européennes.      

Ivrée inextricable, la cupidité des «gros», comme les appelaient les poilus de la Grande Guerre, n'aura cependant pas empêché un bon grain de pousser, Réalité étouffée, évacuée des médias, le bon grain de la colonisation est une réalité avérée.

Quel fut-il, ce bon grain ?
Avec l'arrivée des Européens, certes au gré d’une conquête –  lot de tous les mouvements migratoires au cours des temps - tant de bonnes choses furent bénéfiques aux peuplades indigènes, à commencer par des énormes progrès en matière de santé et d'hygiène.

Si explosion démographique il y a eu, en Afrique et ailleurs, on le doit avant tout à la baisse drastique de la mortalité infantile. Cela fut-il  un mal ?  Que des nourrissons, que des enfants, que des adolescents parviennent jusqu'à l'âge adulte, cela fut-il un mal ?

Grâce aux soins et aux progrès sanitaires introduits par les Européens, la Terre est plus riche de milliards de personnes humaines : cela est-il un mal ?           Aux yeux de Dieu sûrement pas, Lui qui a commandé à ses créatures de croître et de multiplier; ni non plus pour ceux qui, aujourd'hui, n'existeraient pas si cette formidable éclosion humaine due à la colonisation ne s'était pas produite.

Mais c'est aussi une révolution agricole que l'on doit à nos techniques de culture et d'irrigation ; d'où l'extinction progressive des grandes disettes qui étaient capables jusqu'alors faire disparaître des tribus entières. 

Le tourbillon destructeur de la décolonisation a hélas, en quelques années, réduit à néant l’œuvre accomplie.

Selon divers rapports récents, 80% de la sous-alimentation dans le tiers-monde résulte de pratiques agricoles inadaptées dues à l'ignorance des populations concernées : sans formation aux techniques modernes, elles perpétuent des modes ancestraux de culture impropres à satisfaire leurs besoins.

Dans nombre de nos ex-colonies, là où la population a doublé ou triplé
en un demi-siècle, la production agricole a soit stagné soit baissé depuis la décolonisation. Madagascar, pourtant fleuron de notre ex-empire avec l'Algérie, en est l'exemple le plus pitoyable : la production s'y est peu à peu réduite au niveau de 1945 avec une population qui a triplé de volume !
Au plan médical, le niveau atteint en 1962 était comparable en Algérie à celui de la métropole, du moins en contexte urbain et péri-urbain. Mais depuis l’indépendance,  les infrastructures hospitalières et le manque de formation des personnels ont vite plongé notre ex-province dans une situation critique qui s'aggrave avec la croissance démographique.
On se souvient du séjour du président algérien Bouteflika, venu se faire soigner à Paris lors qu'Alger offrait jadis l'un des meilleurs hôpitaux français.

Au Madagascar, un sévère accident de la route survient à quelques kilomètres de la capitale et c'est la mort presque certaine, me rapportait un ami qui en revenait en tant que médecin d'Europe Assistance.

On a accusé les puissances colonisatrices d'avoir désorganisé les économies locales, de les avoir spécialisées au point d'entraver tout développement équilibré, d'avoir exploité intensivement les ressources naturelles au détriment des écosystèmes ; tout cela sans former les cadres techniques dont les nouvelles nations allaient avoir besoin. Mais on omet de dire que la formation des cadres était en cours. La scolarisation n'a cessé de se développer durant l’ère coloniale, en particulier celle des filles, malgré les réticences voire l'hostilité culturelles ou religieuses.

Aujourd'hui, malgré l'accueil dont bénéficient les étudiants de nos ex-colonies en nos universités, demeure le problème en amont de l'éducation des enfants. Avec la montée de l'islam fondamentaliste, la scolarisation des jeunes filles, notamment en Algérie, se réduit quand elle avait crû jusqu'à notre départ.         Et puis, devons-nous oublier qu'au moment de la soi-disant guerre d'indépendance algérienne de 54-62, les rebelles se sont acharnés à détruire les écoles parmi leurs cibles privilégiées ?

A l'argument sempiternellement rabâché d'une colonisation synonyme d'exploitation non équilibrée, insouciante du développement des territoires et de leurs peuples, je répondrais qu'il procède d'un amalgame infondé. La situation dénoncée résulte non pas de l'idée coloniale mais des théories fumeuses du libéralisme économique, lequel préconise la division internationale du travail dans un contexte global de mondialisation des échanges ; cette mondialisation qui commence à se faire de plus en plus d'ennemis y-compris chez ceux qui jadis rêvaient d'une internationale prolétarienne.

Qui pouvait attendre des méthodes capitalistes, insoucieuses de l'humain comme de la nature, qu'elles réservassent un sort privilégié aux terres colonisées ? Il est sûr au contraire, que profitant d'un contrôle de l'Etat difficile à exécuter dans des terres isolées et sous-administrées, nos argentiers ont agi sans vergogne selon leur logique cupide.

Et puis, l'entreprise menée en nos colonies un siècle durant, le fut avec l'idée que ces terres resteraient sous notre contrôle, si ce n'était pour toujours, du moins jusqu'à ce que, par le biais du développement en toutes ses composantes, de façon naturelle, sans violence, sans heurt, elles finiraient par former des entités capables de s'auto-administrer. Par conséquent, le désordre capitaliste devait être mitigé par l'ordre juridique et administratif pour jouer, avec le concours du temps, en faveur d’un développement local harmonieux.

Brusquerie de la décolonisation
J'ai en mémoire, sans pouvoir retrouver en l'instant ma source, la lettre pathétique qu'adressa Albert Schweizer au général De Gaulle, en fin 1959 ou début 1960, après que, hormis la Guinée, tous les territoires de la Communauté avaient voté oui massivement au référendum d'octobre 1958 - ce qui signifiait avant toutes choses, une volonté de rester unis à la France selon les dispositions de la nouvelle loi constitutionnelle - le nouveau chef de l'Etat donnait, pratiquement de force, leur indépendance à toutes nos possessions africaines hormis l'Algérie.

En vieux connaisseur de la réalité africaine, Schweitzer suppliait De Gaulle  de reporter sa décision. Schweitzer avait tout bonnement anticipé ce qui allait se passer de catastrophique pour les peuples africains qu'il aimait tant : des populations vulnérables, sous couvert du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, allaient être livrées à l'oppression de tyrans locaux ignares et cupides, soutenus par des affairistes occidentaux qui exploiteraient sans plus de bride aucune, des territoires qui jusqu'alors bénéficiaient de leur appartenance à une Communauté, avec ses lois et ses structures. Sous peu, il ne resterait rien d'un siècle d'efforts civilisateurs. Hélas De Gaulle, dans sa folie nihiliste, n'a pas écouté le sage et les prévisions de ce dernier se sont réalisées ; elles continuent de se réaliser, nous le constatons chaque jour.

Si l'après-colonisation a laissé les peuples concernés dans la détresse, on le doit au mouvement à la fois idéologique et mafieux qu'a été et demeure la décolonisation. Là est la vérité : le diable est dans la décolonisation, pas dans l'élan colonisateur qui marqua un progrès et signa une immense promesse de développement et d'émancipation. Là où notre présence avait apporté pacification et Etat de droit, il n'est plus que guerres incessantes et corruption généralisée.

Les appellations des nouveaux états ne doivent pas nous tromper.
Pas plus qu'est social un parti qui prône le socialisme, ne sont républicains ou démocrates les états qui se proclament tels. Les appellations ne sont que poudre aux yeux ou poudre à canon hélas. Et cependant, très paradoxalement, on a décrété l'ère coloniale coupable de cet état de fait abominable qui perdure depuis un demi-siècle.

Une mauvaise décolonisation due à une mauvaise colonisation ?
Le découpage administratif des territoires, principalement en Afrique noire, fut certes établi sans grand souci des réalités du terrain. Les frontières dessinées par les puissances coloniales ont divisé sans tenir compte des diversités  tribales, ethniques et culturelles. Procédant de la sorte, les puissances européennes auraient comme inscrit dans le marbre, des déséquilibres économiques et politiques générateurs des conflits inextinguibles qu'on déplore depuis cinquante ans et davantage. Et d'ajouter, pour répondre à l'objection qu'avant l'arrivée des "blancs", les guerres intertribales existaient déjà, que flèche et lance de l'antique guerrier africain ont été remplacées par un armement moderne qui décuple les ravages ; un armement sans cesse renouvelé par l'industrie et l'affairisme occidentaux.

Comment nier qu'il y ait du vrai dans cette accusation ?
Certes les frontières, destinées à mettre de l'ordre entre les empires coloniaux des diverses puissances européennes - France, Angleterre, Portugal, Belgique, Allemagne - et à gérer plus efficacement chacun des grands ensembles, certes ce découpage ne fut pas des mieux réussis. Il reportait en leurs empires, le virus centraliste administratif qui sévissait en dedans les métropoles coloniales. Il étendait aux terres colonisées, les querelles incessantes qui avaient opposé les peuples européens des siècles durant, cela en contradiction avec leur vision commune du monde, chrétienne et donc théoriquement porteuse de paix.

Quand l'épouvantable conflit mondial de 1914 éclata, il n'épargna pas les possessions coloniales : on vit des hommes noirs se mêler aux blancs dans les tranchées du chaos. Les fiers guerriers de la brousse, presque nus la veille encore, portaient les mêmes étoffes, lourdes et rapiécées que les soldats européens dont ils partageaient le sort infernal, dans la boue et le sang, criblés par les tonnes et les tonnes des bombes des marchands de canon, grands argentiers qui savent  en tout temps tirer profit de tout sans vergogne.

Il est courant d'attribuer à la Grande Guerre, la cause première du mouvement anticolonialiste. Les indigènes de nos empires auraient pressenti quelque chose de détestable qui couvait sous l'apparence triomphale, prestigieuse et civilisatrice des nations coloniales qui les dominaient. Ce quelque chose de détestable est indéniable. Mais c'est d'abord et surtout aux peuples d'Europe qu'il a porté préjudice. Il a pour noms culte de l'argent, libéralisme, rejet de la Foi, matérialisme, internationalisme, nihilisme révolutionnaire. Il a pour fondement idéologique la philosophie dite des Lumières et pour fondement politique la Révolution française et son appendice napoléonien.

Le crime de l'Europe colonisatrice eût consisté à exporter ses faiblesses et errances vers des continents préservés jusqu'alors par leur caractère "primitif" et leur ignorance de la notion de progrès. Pour nous garder d'une propagation de notre mal, aurions-nous dû créer des zones naturelles protégées à l'échelle de la Terre : « Ici s'arrête le progrès, interdiction absolue d'y introduire toute idée ou technique moderne. Laissons les primitifs vivre perpétuellement en primitifs. »
Outre le racisme sous-jacent d'une telle vision, pour que celle-ci tienne tant soit peu, il faudrait démontrer que les Européens avaient conscience du caractère négatif qui se nichait sous leur discours humaniste, sous leur élan généreux, sous leur passion de découvrir, d'explorer. Or à ce niveau, il importe de se souvenir que l'ère coloniale s'étend sur plusieurs siècles et émane de gouvernements aux références doctrinales dissemblables. Le colonialisme des Espagnols et des Portugais du XVIe siècle se distingue autant de celui des Français et des Anglais du XIXe siècle que les régimes et doctrines politiques en vigueur dans ces pays à trois siècles de distance.

Par ailleurs, nonobstant le triomphe politique et intellectuel des idées révolutionnaires, matérialistes et antichrétiennes, au point d'orgue de l'expansion coloniale, les racines chrétiennes de la civilisation européenne demeuraient vivaces dans beaucoup de cœurs. En dépit d'une ivraie de plus en plus envahissante, le bon grain ne laissait de survivre.

Quand vers 1880, Jules Ferry se revendiquait pleinement de la doctrine républicaine, laïque, jacobine et potentiellement totalitaire, sa politique d'expansion coloniale allait exporter, avec le mal moderniste, tout le bien, pétri de christianisme, qui faisait que l'Europe existait encore et que, dans la réalité quotidienne, tout n'y était pas mauvais.

Ce que Ferry et ses équivalents d'Outre-Manche voulaient propager à travers le monde n'était certes pas la Bonne Nouvelle du Christ. Dès avant Ferry, hélas, le Second Empire, eut à cœur de freiner, voire de s'opposer à la christianisation des musulmans en Algérie - erreur gigantesque dont Charles de Foucauld prédira la tragique conséquence.

Cependant, force est de reconnaître que les missions d'évangélisation ont grandement profité de la pacification concomitante à l'expansion coloniale.
Ces missions ont pris une part notable, la plus belle, la plus bénéfique, dans le mouvement civilisateur des terres passées sous le contrôle des puissances européennes. Ce fut, à y bien réfléchir, une aubaine pour les Etats colonisateurs, une sorte de prix politico-religieux à payer. Financées par des donateurs privés, les missions effectuaient un travail sanitaire et éducatif que les finances publiques n'avaient pas à supporter.
De plus, en complément des effectifs militaires et administratifs et des missions, vinrent des populations issues des métropoles coloniales. Que Jules Ferry et ses émules furent des adeptes du culte progressiste révolutionnaire n'empêcha pas que la grande majorité des Européens qui vinrent peupler nos colonies étaient chrétiens ; des Chrétiens en voie de déchristianisation certes, puisque c'est hélas ainsi qu'avançait le monde, mais des hommes et des femmes encore influencés sinon guidés par les valeurs, les traditions chrétiennes. Mais parmi eux, autour d'eux, rôdaient les prédateurs capitalistes, ceux qui allaient tirer du profit sans aucun scrupule et qui, le temps venu, partiraient les premiers, revenant en métropole en affairistes rompus à tous les compromis. Pour autant, l'ivraie n'étouffa pas le bon grain et somme faite de toutes choses, de grands progrès furent accomplis ou mis en chantier en nos terres coloniales.

Si aujourd'hui en nos contrées postchrétiennes où le recul affligeant des vocations est compensé par l'aide évangélisatrice de prêtres africains ou asiatiques, n'est-ce pas à l'expansion coloniale que nous le devons ?

Partout où nous sommes passés, les missions ont semé ;  du bon grain a poussé. Dès lors que nous sommes partis, soit directement par la décolonisation, soit par l'abandon des terres ex-colonisées à des régimes communistes (en péninsule indochinoise par exemple), les missions ont été entravées puis persécutées et chassées.

Cependant, pour ne prendre que cet exemple, les prêtres vietnamiens d'aujourd'hui sont le fruit le plus visible de la présence française en Indochine.
A leur tour, ces hommes de Dieu agissent et, il faut l’espérer, pourront continuer en leur propre pays, l'œuvre jadis entreprise par leurs prédécesseurs français.
De par le monde, des centaines de millions de gens de couleur sont chrétiens, de vrais Chrétiens qui ne plient pas face à la persécution. Sans le fait capital de l'expansion coloniale, on peut douter qu'ils eussent vu le jour.

Fi du passé ?
L'expansion coloniale a laissé place à l'émancipation (supposée) des ex-peuples colonisés. Un monde nouveau s'est mis en place. Prenons-le tel qu'il est et traitons les problèmes qui se posent à lui en laissant le passé derrière nous.    En vérité, les choses ne se présentent pas aussi simplement. D'abord parce que le passé n'est pas seulement l'affaire des nostalgiques des empires coloniaux. En bien plus grand nombre, il intéresse les adeptes d'une pensée contemporaine majeure, issue précisément de la décolonisation.

Petite-fille des Lumières, fille des théories révolutionnaires, libérales, marxistes, mondialistes, cette doctrine récrimine contre l'Occident, responsable selon elle de tous les maux qui affligent le monde. Passant outre la contradiction de puiser son corpus dans les pensées occidentales, elle nous présente le fait colonial comme une sorte de gigantesque Shoah qu'il faudrait presque substituer à celle des Juifs. Mais contrairement à la Shoah, le fait colonial est plus qu'un repoussoir appartenant à l'hstoire. Il est un mal encore à l'œuvre sous la forme de ce qu'il est convenu d'appeler le post-colonialisme.

A l'échelle de la France, on parle de Françafrique ; arrêtons-y nous le temps de quelques lignes, ce qui permettra de donner un éclairage sur une cause de la décolonisation française jamais évoquée par ses plus distingués analystes.

La Françafrique, fille maudite de la décolonisation
Quelle définition nous en donne l'incontournable référence du Web qu'est Wikipédia ? L'expression Françafrique désigne les réseaux d'influence français en Afrique, qui sont une composante des relations diplomatiques entre la France et ses anciennes colonies africaines mais plus largement l'Afrique francophone (dont la république démocratique du Congo, ex colonie belge et la Guinée équatoriale, ex colonie espagnole). Le terme Françafrique implique des détournements de fonds, le soutien de dictateurs, des coups d'États et assassinats politiques qui ne sont pas dévoilés au public français (la France a soutenu ceux qui ont commis le génocide au Rwanda ), la défense des intérêts des multinationales françaises pour l'accès et l'exploitation des ressources (...)
Cette Françafrique est une constante de la politique des différents gouvernements français, depuis la décolonisation jusqu'à nos jours, sous Nicolas Sarkozy.

Sans entrer davantage dans l'actualité de la Françafrique, je donnerai ici l'extrait d'un article paru dans le Monde du 9 novembre 2010, qui évoque l'action judiciaire menée par l'ONG Transparency International à l'encontre de trois présidents de nations appartenant à la Françafrique.

Transparency International considère que des logements de luxe et des avoirs bancaires détenus en France par trois présidents africains ont été acquis avec de l'argent public détourné. Ce dossier vise les familles d'Ali Bongo (Gabon), de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et de Teodoro Obiang (Guinée équatoriale). Une enquête de la police financière de 2007 avait recensé 39 propriétés dans les beaux quartiers de Paris et sur la Côte d'Azur, 70 comptes bancaires et au moins neuf véhicules de luxe détenus par la famille Bongo et ses proches, 24 propriétés, 112 comptes bancaires et un véhicule pour la famille Sassou Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang, soit un total qui avoisinerait 160 millions d'euros selon l'ONG.

Voici un tout petit exemple de l'état général de corruption qui caractérise la Françafrique. On admet ordinairement que la Françafrique comprend les pays africains suivants :

Le Togo, le Congo Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Tchad, les Comores, le Gabon, le Burkina Faso, le Bénin, la Guinée, le Niger, le Mali, la Centrafrique, la Mauritanie, la Guinée Équatoriale, Madagascar et Djibouti. Ils ont en commun, hormis le Madagascar, d'appartenir à la Zone Franc, dont la devise est le franc CFA : Aujourd'hui, l'appellation franc CFA signifie Franc de la Communauté Financière d'Afrique et Franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale selon leur appartenance des nations concernés aux organisations monétaires qui les lient à la France. Outre la monnaie, d'autres dispositifs officiels rattachent certains pays africains à la France, comme l'Accord de Défense signé en 1961.

Nous noterons que les trois ex-colonies d'Afrique du Nord, Maroc, Algérie et Tunisie ne sont pas concernées par la Françafrique. Cela ne signifie nullement que la France n'entretient pas avec ces pays des relations malsaines par le biais d'accords de coopération et d'un tissu de partenariats commerciaux, financiers et industriels sous lesquels s'abritent nombres de trafics comparables à ceux de la Françafrique.

Jacques Foccart, le funeste « Monsieur Afrique »
La Françafrique est historiquement associée à cette personnalité cruciale de la décolonisation puis de l'ère postcoloniale. Foccart a joué un rôle aussi important qu'occulte au plus haut niveau de l'Etat. Après De Gaulle, qu'il servit depuis les années cinquante à la fin, ce furent Pompidou et Chirac dont il fut l'homme clé de tout ce qui concernait nos ex-colonies d'Afrique. En dire quelques mots n'est pas superflu tant la seule présence de cet homme au cœur du système politique gaulliste est éloquente pour en dessiner la profonde corruption.

Foccart, issu de la bourgeoisie marchande des Antilles, commença sa carrière comme trafiquant sous l'occupation allemande. A peine démobilisé en été 1940, il se lança dans les affaires, en parfaite intelligence avec les occupants, travaillant  à son grand profit pour l'organisation allemande Todt, du nom de son dirigeant, chargée d'exploiter les ressources industrielles de chaque pays occupé. Période trouble, où il était facile de franchir la ligne de la légalité pour s'enrichir. Quand le vent commença à tourner en défaveur des Allemands, Foccart misa sur la carte de la résistance et se porta volontaire à Londres.
Il fut affecté auprès de Soustelle, devenu en 1943, le patron du BCRA, les services secrets gaullistes. Durant cette période supposée héroïque, Foccart fut impliqué (mais jamais inculpé) dans deux assassinats crapuleux qu'il aurait commandité auprès d'hommes de la pègre qui gravitaient dans son orbite.
Par la suite, tout en demeurant dans le cercle rapproché du général, il reprit ses activités d'homme d'affaires, spécialisé dans le commerce en Afrique noire. Cela lui valut de devenir plus tard celui qu'on a appelé le Monsieur Afrique de l'Elysée. En effet, dès son retour au pouvoir, De Gaulle le prit comme son conseiller spécial aux affaires africaines, faisant de lui l'homme clé de toutes les opérations troubles.
Extrait d'un site web consacré à la Centrafrique :

(...) De Gaulle et son éminence grise Jacques Foccart mettent en place les nouveaux outils du contrôle politique, économique, monétaire et militaire sur les ex colonies françaises. Ce système s'appuie en particulier sur les « 3 E », l'Élysée (et sa cellule africaine), l'État-major et Elf (entreprise créée par les services secrets français pour assurer, à n'importe quel prix, l'indépendance énergétique de la France).

J'ai mentionné ce triste sire  de Foccart à titre d'icône du processus de décolonisation dont la responsabilité éminente revient à De Gaulle sans qui rien de tout cela ne serait arrivé, du moins dans les conditions que nous savons.

Le recours à un tel homme par De Gaulle, si adulé pour sa supposée intégrité, en dit long. Il faut d'ailleurs ajouter que Foccart eut la main, de façon occulte, sur les services secrets ainsi que sur une organisation para-policière, le SAC, composée en bonne partie de truands dont nombre avaient travaillé pour la Gestapo française.

Au-delà des hommes et des anecdotes, ce qu'il faut retenir de la Françafrique, réalité consubstantielle à la Ve République, est une mécanique qu'on pourrait sans exagération qualifier de diabolique, la mécanique par laquelle De Gaulle et ses plus vils soutiens ont substitué à notre empire colonial, une organisation mafieuse au double détriment des peuples de nos ex-colonies et de la France.

A qui profite le crime ? A qui a profité la décolonisation ?
Il est courant d'accuser la colonisation d'avoir été une œuvre d'asservissement et de pillage au bénéfice de grands intérêts financiers. Ceux qui prennent cette accusation comme une vérité incontestable devraient se demander : pourquoi ces mêmes intérêts financiers ne se sont-ils pas opposés à ce qui était supposé leur rapporter tant ?

Pourquoi, par exemple en Algérie, là où la résistance à la politique de De Gaulle a été la plus forte, la plupart des gros argentiers ont très vite quitté le navire tout en accélérant le processus par une aide occulte au FLN ?
La réponse se trouve dans ce qui s'est mis en place dès après le brusque processus de décolonisation.

Le cas Elf
Dans les Trois E mentionnés plus haut, il y a Elf. L'affaire Elf, éclatée en 1995, a permis de révéler le rôle central de cette entreprise pétrochimique, longtemps la plus importante de notre économie nationale.

Elf a servi essentiellement de base financière au système mafieux de la Françafrique. Le principe en est simple : Elf rémunère les pays africains dans lesquels elle est implantée à raison de la quantité de pétrole qu'elle exploite. Cette rémunération constitue une manne gigantesque qui n'est plus contrôlée par l'administration française et pour cause...Il suffit alors de détourner une partie de ce trésor au profit des chefs d'Etat africains qui, en contrepartie, rétribuent des intermédiaires français qui vont eux-mêmes se rémunérer tout en finançant les puissances sans lesquelles ils n'existeraient pas : chefs et partis politiques ; ceux au pouvoir aujourd'hui, hier et peut-être demain. Un Sirven fut un personnage insigne de ce réseau d'intermédiaires. Mais il y en eu bien d'autres, tels Pasqua, Bariani ou feu Baroin (tué lors d'un accident d'avion suspect), grand chef maçonnique et père de l'actuel ministre François Baroin aux allures d'éternel adolescent.

Les rétro-commissions
L'on retrouve ce procédé dans ce qu'il est convenu d'appeler les rétro-commissions, évoquées notamment dans l'affaire de l'attentat de Karachi.
Le prix de vente de matériels de guerre (qui servent en fait essentiellement au trafic financier qu'ils génèrent), avions, missiles, bateaux, est surfacturé de façon à rémunérer toute une chaîne de complices : personnalités politiques et administratives du pays achetant, intermédiaires occultes, partis politiques français, personnalités politiques françaises. Mais de façon plus globale, en amont de tous ces détournements d'argent qui évidemment spolient les misérables habitants de nos ex-colonies ainsi que le peuple français, l'énorme aubaine en quoi a consisté la décolonisation pour nos gros argentiers (et les politiciens sans scrupules à qui De Gaulle a ouvert la voie) est la suppression de l'Etat de droit dans ce qui fut notre Empire.

La suppression de l'Etat de droit
Tout au long de notre présence en Afrique et ailleurs, comme d'ailleurs partout où des puissances coloniales ont eu la maîtrise de territoires extra européens, la loi en vigueur en métropole y fut appliquée. La loi française, avec toutes ses garanties pour le citoyen, avec toutes ses avancées sociales, avec tous ses contrepoids à un Etat tenté d'abuser de ses prérogatives, ainsi qu'à la cupidité et de la volonté d'asservissement du grand argent.
Certes il fallut du temps pour que notre loi s'applique jusque dans les parties les plus reculées de nos territoires et bien des obstacles et des contournements en limitèrent la portée. En 1960, au moment de notre retrait d'Afrique noire, il restait beaucoup à faire. Mais le processus était en marche et, dans les colonies devenues parties intégrantes du territoire français, comme l'Algérie (composée de départements de même statut que ceux de la métropole) c'est strictement le même régime juridique qu'en métropole qui s'y appliquait.

A partir de juin 1958, tous les habitants de nos colonies purent bénéficier de la totalité des droits civiques, pas moins que les Bretons ou les Alsaciens. Un noir ou un Arabe pouvait devenir président de la Communauté française, ce que redoutait en catimini un De Gaulle et tant de Français « bien-pensants ». 

Cela a d'ailleurs failli arriver au moment de l'Attentat du Petit-Clamart. L'avion qu'a pris un De Gaulle miraculeusement sorti vivant de la fusillade, était au départ destiné à. faire revenir à Paris l'homme de couleur Gaston Monnerville, président du Sénat qui eût alors remplacé De Gaulle. Mais c'est une autre histoire, évoquée ailleurs dans ce blog.

Avec un pareil quadrillage juridico-politique, les trafiquants pour qui les colonies étaient un fromage facile à exploiter allaient devoir se résigner à y agir avec autant de difficulté qu'en métropole. C'est alors que la décolonisation leur est apparue comme une aubaine bien plus grande que jamais la colonisation ne le fut.

Sous la férule de la loi française, les peuples colonisés disposaient de droits qui allaient leur permettre de profiter des mêmes acquis sociaux et technologiques que les Français de métropole. Ils allaient pouvoir élire des députés pour participer à l'élaboration de lois applicables sur l'ensemble des territoires de la Communauté. Tout autant allaient-ils peu à peu s'auto-administrer pour tenir compte des réalités locales et ainsi développer leurs infrastructures et organiser leurs économies. En une telle perspective, quel Foccart allait-il pouvoir, par le biais de mercenaires et de pots de vins, déstabiliser les autorités locales en imposant la dictature de tel ancien sergent-chef africain qui pillerait les ressources de son peuple en quelques années ?

C'était le grand mérite de la Constitution de 1958 que d'instaurer une Communauté dans laquelle tous les peuples colonisés partageraient le destin de la France, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les métropolitains. 

Sous couvert de l'idéologie anti-impérialiste, avec son sacro-saint droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les grands prédateurs déjà évoqués ont entravé ce processus en jouant la carte de la décolonisation brutale. Par des émissaires comme Pompidou ou Foccart, De Gaulle avait préparé cette issue dès avant son retour au pouvoir en 1958. Ainsi a-t-il fait fi de la Constitution approuvée massivement par référendum en octobre 1958 - il qualifiait le Droit de « juridisme » pour exprimer le mépris qu’il lui portait.

Tout ce qui concernait la Communauté n'a jamais été appliqué. Ce ne fut qu'un faire-valoir destiné à tromper ceux qui avaient fait appel à De Gaulle pour précisément assurer la pérennité de l'ensemble colonial français grâce à sa réformation.

Mais effondrée l’éphémère Communauté, disparue la loi française de nos ex-territoires coloniaux, les prédateurs allaient avoir les coudées franches, tant au plan politique (mise en place de petits tyrans locaux, manipulations de toutes sortes) qu'au plan économique (recyclage des aides issues de la coopération et rétro commissions comme expliquées plus haut).

La colonisation avait permis de hausser le niveau de vie de ces territoires, d'en augmenter considérablement le nombre d'habitants et de créer de nouvelles élites mues par des ressorts culturels occidentaux.
Hélas ce gain allait servir non plus  les populations mais leurs oppresseurs et leurs complices européens. Ainsi allait-on fournir en avions et en munitions des guerres tribales ravivées, là ou jadis l'on se contentait de jouir du trafic d’esclaves issu de ces mêmes conflits intra-africains. La nouvelle forme d'asservissement allait désormais consister en une collusion entre des castes politiques locales sans aucune légitimité et les réseaux mafieux agissant pour le compte de l'oligarchie politico-financière française.

Ainsi, la décolonisation a-t-elle  profité à de véritables organisations de malfaiteurs, au détriment des populations. Là où tout  n’avait cessé  de progresser - agriculture, industrie, éducation, infrastructures, santé et moyens sanitaires, droits civiques - là où enfin la paix avait triomphé, sévit depuis cinquante ans un état permanent de guerre, de coups d'état, de dictatures, de répressions sanglantes, de persécutions de toutes sortes, de disettes, de maladies endémiques etc.

Alors qu’ont gagné  les populations, les petits, les misérables ?
Est-ce à eux qu'a profité la décolonisation pour qu'ils n’aient d’autre issue pour survivre que d’affluer à nos portes au prix des plus grands périls, prêts à se contenter d'une vie de clandestin au service de néo-esclavagistes ?

Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la belle formule...
Droit usurpé de tyrans à disposer des ressources de leurs peuples, à disposer de la vie de leurs peuples, faudrait-il dire plutôt.

 



[1] 

mercredi 21 septembre 2011 11:00 , dans l'oeuvre coloniale


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