Jean Bastien-Thiry est probablement la plus
grande figure des défenseurs de l'Algérie française. Ingénieur
militaire, officier supérieur de l'Armée de l'air, lorrain, non
politisé mais intensément chrétien, il a agi par devoir. Scandalisé
par la trahison dont a fait preuve De Gaulle, personnage pourtant
mythique de son enfance (son père, polytechnicien et
officier comme lui était un fervent gaulliste), à
l'égard de l'Algérie, Bastien a médité sur
l'attitude qu''il devait adopter. Conscient de ses qualités tant
intellectuelles que psychiques (il était pilote
d'essai en plus d'être un spécialiste mondialement reconnu des
fusées), il se proposa à une organisation non encore identifiée à ce jour par les
historiens pour mettre en oeuvre la neutralisation de ce président
devenu un tyran (Bastien s'est appuyé sur les thèses
d'Aristote et de St Thomas à propos du tyrannicide et a pris
conseil auprès d'un prêtre).
Cela donna un premier attentat en automne 61 à
Pont sur Seine, puis un deuxième qui échoua de très peu, sur la
route menant à la base de Villacoublay. Bastien aurait pu fuir
facilement, il avait d'ailleurs une proposition d'embauche par la
NASA. Mais il n'a pas voulu échapper à ses responsabilités. Arrêté
après la majorité des membres de son commando en septembre 62, il
fut jugé en janvier-mars 63 par une cour pourtant déclarée illégale
par le Conseil d'Etat.
Condamné à mort le 4 mars, sa grâce refusée par
De Gaulle le 10, il fut fusillé à l'aube du 11 mars par un peloton
en uniforme vert de combat, sans insigne permettant de savoir,
comme c'est la règle, à quelle unité il appartenait. Deux officiers
avaient successivement refusé de commander l'exécution, aussitôt
sévèrement sanctionnés.



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