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Dimanche 28 juin, mon ami Denis
Sureau m’invitait à son Libre Journal de Radio Courtoisie
pour parler du mythe De Gaulle. Sa première question : que
m’a conduit à mettre en cause ce mythe ?
Pour conserver la forme, lui répondis-je. Surprise de sa part et
moi d’évoquer un souvenir datant de juin1996. Le colonel
Argoud m’avait invité à sa table à laquelle il recevait
plusieurs de ses ex-subalternes de la campagne 1944-45.
Arrive un de ses anciens lieutenants qui le complimente sur sa
forme. Argoud, alors âgé de 82 ans, bon pied bon œil, lui
répond : La haine de De Gaulle conserve !
Plus sérieusement ajoutai-je, le mythe De Gaulle a ancré en la
plupart des Français, un modèle de grand homme fondé sur ce qui est
en fait une chimère et j’indiquai une conséquence négative
éminente de cette dénaturation de l’histoire : dès fin mai
1958, des indices qui n’allaient cesser d’être
confirmés par la suite, remettaient en cause la bonne foi du
général ramené au pouvoir pour sauver l’Algérie
française.
Le mythe De Gaulle priva les détenteurs du pouvoir à Alger, dont
Massu, de percevoir la réalité, celle d’un cynique nihiliste
épris de sa seule gloire qui allait tout détruire de ce qu’on
croyait en train de ressusciter.
J’aurais pu ajouter que je naquis le 29 juin 1958. Première
nouvelle du monde extérieur : le 13 mai, que j’avais tant
bien que mal suivi depuis ma quiétude prénatale, avait abouti au
retour de De Gaulle. Aussitôt j’attrapais une jaunisse dont
je souffre encore des conséquences, surtout d’ordre moral qui
expliquent, faut-il le croire, ma motivation à combattre le mythe
De Gaulle, ce pernicieux mensonge à la gloire d'un tyran.
Denis Sureau m’interrogea ensuite sur les différents thèmes
qui composent le mythe De Gaulle. Voici de façon résumée ce que
j’ai développé, répondant également aux questions ou
réactions exprimées en direct par de nombreux auditeurs :
De Gaulle ne fut pas un héros, ni en 14-18, ni en 40 ni ensuite. Il
ne fut pas un visionnaire mais seulement un opportuniste sans
vergogne. Il ne fut pas un bon gouverneur, prenant de mauvaises
décisions aux conséquences tenaces. Il ne fut pas un bon Chrétien,
version moderne du Prince de Machiavel, ne faisant ni ne disant
rien qui fût l’expression de sa foi hypothétique,
s’entourant d’hommes serviles et sans honneur ainsi que
d’aventuriers.
J’évoquai à l’appui de mon jugement les éléments
suivants (il était convenu de ne pas revenir sur
l’Algérie, déjà évoquée en décembre dernier).
- Le faux héros de 1916 ;
- le faux visionnaire du rôle des chars (les
vrais furent Estienne puis Pétain) ;
- l’illégitimité de sa rébellion en 1940
;
- ses attaques injustifiables contre Pétain et sa
décision de demander l’armistice ;
- l’assassinat de Darlan (témoignage de
Mario Faivre qui fut l’alter ego de Fernand Bonnier) ;
- l’éviction de Giraud ;
- l’épuration épouvantable de 44-45 dont DG
est responsable à tout le moins par incapacité de s’y être
opposé en tant que chef du gouvernement ;
- l'irrespect constant de la loi, particulièrement
constitutionnelle : les référendums de 61, 62 et de 69, la façon de
gouverner anticonstitutionnelle érigée en l’éhontée
anti-constitution de la conférence de presse de 1964 ;
- sa complicité avec les communistes en 44-45, sa fascination
envers Staline, sa trahison à l’égard des Polonais, en
reconnaissant le gouvernement à la solde des soviets ;
- sa gestion catastrophique de la situation en Indochine, sa
rupture avec Leclerc à ce sujet ;
- sa répression aveugle de la révolte de Sétif en mai 45, qui
a tant servi à la propagande du FLN par la suite ;
- son mépris des Français, ses mots terribles sur la
Résistance et l’Armée française de libération qui
n’auraient selon lui servi à rien ;
- sa politique nucléaire insensée qui n’a profité
qu'à Dassault, bailleur de fonds de toujours du parti
gaulliste ;
- sa politique internationale incohérente, notamment à
l’égard des USA ;
- ses projets de « grandeur » nationale qui ont
tous abouti à de coûteux échecs ( le France, l’Aérotrain, le
Concorde) ;
- sa politique calamiteuse d’urbanisation
massifiante et antisociabiliste : les cités géantes et inhumaines
;
- sa politique d’immigration de masse des
travailleurs maghrebins, insensée et aux conséquences
catastrophiques ;
- sa politique d’infrastructure des transports
qui a renforcé la place centrale et hypertrophiée de Paris ;
- le système de corruption pharaonique de la
France-Afrique qui a succédé à une décolonisation négative à tous
les plans.
J’aurais voulu évoquer tant d’autres thèmes…
j’ai toutefois tenu à répondre à l’attaque d’un
auditeur accusant Vichy d’être complice de la Gestapo en
indiquant, car qui le sait, que De Gaulle a fait libérer en nov. 62
les deux plus hauts responsables des forces de police allemande
durant l’occupation : le général Oberg et son adjoint le
colonel Knochen, à qui l'on doit les déportations, les tortures,
les exécutions d'otages, le pillage des biens juifs etc. Ces
criminels de guerre et contre l'humanité sont morts dans leurs lits
tandis que le 11 mars 63, Bastien-Thiry était fusillé sans avoir
tué ni blessé quiconque ...
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