13 mai 58, l'espérance trahie

La foule du Forum, du jamais vu  (13 mai 58, l'espérance trahie) posté le vendredi 05 janvier 2007 23:05

 

Dans ses mémoires, Massu, affirme qu'il n'a jamais connu de foule si nombreuse, si enthousiaste, si patriote que celle massée sur la place du Forum, en face du siège du Gouvernement général ; pas même le jour de la libération de Paris lors du fameux discours de De Gaulle ("Paris opprimé..."), l"on avait vu, selon l'ancien combattant de la 2e DB, spectacle aussi admirable.

De Gaulle  conclura d'ailleurs son discours du 2 juin, en commentant cette exceptionnelle expression d'espoir et de fraternité : "Comme c'est beau, comme c'est grand la France !"

Sous l'égide des valeurs françaises et donc occidentales, une nation polyculturelle était en train de naître. Probablement qu'à long terme, l'Algérie aurait continué sa route en toute autonomie, mais dans la fraternité des communautés, selon les principes de l'Etat de droit français, en harmonie et amitié constante avec la mère patrie.

De Gaulle avait repris le pouvoir pour cela : pour enraciner la paix que notre armée avait acquise sur le terrain militaire, pour mettre en oeuvre les réformes qui s'imposaient, pour rassurer les Musulmans que nous ne les abandonnerions pas aux mains des bandes terroristes du FLN, pour rassurer les Européens que 130 ans d'une implantation exemplaire ne serait pas balayée par les secousses politiciennes qui remuaient la métropole.

Mais très vite, l'ex-héros de Londres fit marche arrière, il évacua peu à peu tous ceux qui lui avaient ouvert la route du retour au pouvoir.

En à peine un an et demi, il passa de l'Algérie française pour toujours à l'Algérie algérienne et il sabota tout ce qui avait été entrepris sur place, allant  jusqu'à faire tirer sur ses compatriotes, à faire condamner et parfois exécuter des héros de la résistance et des officiers d'élite, comme punition de leur loyauté.

 

 

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Fraternisation  (13 mai 58, l'espérance trahie) posté le vendredi 05 janvier 2007 23:14

A partir du 13 mai, et jusqu'au référendum d'octobre 58, présenté comme un oui ou non pour l'Algérie française, d'incessants épisodes de fraternisation ravivaient l'espoir d'une Algérie de nouveau en paix. On ne comptait plus les ralliements de  soldats de l'ALN dans les rangs français.

Le référendum, confirmé par les législatives de novembre (victoire écrasante des candidats Algérie française en Algérie) fut la véritable occasion pour les Musulmans de se prononcer pour  ou contre le maintien dans la République. Les suffrages suivants se firent dans des conditions telles que les dés étaient pipés.

C'est plus tard que l'on  a réduit la portée du référendum de 58 à son seul contenu juridique, lequel passait loin au dessus de la tête de la plupart des gens ; en revanche, ce fut la 1ere fois que des femmes musulmanes votèrent, et le suffrage des "indigènes" fut massif et à 90% pour le oui, malgré les menaces de mort du FLN. Et pourtant, très vite De Gaulle fit comme si cette approbation n'avait pas eu lieu ; il alla jusqu'à dire que les députés arabes élus en novembre ne signifiaient rien, qu'ils ne représentaient rien.

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