Dans ses mémoires, Massu, affirme qu'il n'a jamais connu de foule si nombreuse, si enthousiaste, si patriote que celle massée sur la place du Forum, en face du siège du Gouvernement général ; pas même le jour de la libération de Paris lors du fameux discours de De Gaulle ("Paris opprimé..."), l"on avait vu, selon l'ancien combattant de la 2e DB, spectacle aussi admirable.
De Gaulle conclura d'ailleurs son discours du 2 juin, en commentant cette exceptionnelle expression d'espoir et de fraternité : "Comme c'est beau, comme c'est grand la France !"
Sous l'égide des valeurs françaises et donc occidentales, une nation polyculturelle était en train de naître. Probablement qu'à long terme, l'Algérie aurait continué sa route en toute autonomie, mais dans la fraternité des communautés, selon les principes de l'Etat de droit français, en harmonie et amitié constante avec la mère patrie.
De Gaulle avait repris le pouvoir pour cela : pour enraciner la paix que notre armée avait acquise sur le terrain militaire, pour mettre en oeuvre les réformes qui s'imposaient, pour rassurer les Musulmans que nous ne les abandonnerions pas aux mains des bandes terroristes du FLN, pour rassurer les Européens que 130 ans d'une implantation exemplaire ne serait pas balayée par les secousses politiciennes qui remuaient la métropole.
Mais très vite, l'ex-héros de Londres fit marche arrière, il évacua peu à peu tous ceux qui lui avaient ouvert la route du retour au pouvoir.
En à peine un an et demi, il passa de l'Algérie française pour toujours à l'Algérie algérienne et il sabota tout ce qui avait été entrepris sur place, allant jusqu'à faire tirer sur ses compatriotes, à faire condamner et parfois exécuter des héros de la résistance et des officiers d'élite, comme punition de leur loyauté.
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